Signatys, la signature électronique facilitée et sécurisée

 

La gestion d’une société, ce n’est pas qu’une comptabilité, mais c’est souvent aussi des factures, des contrats, des paiements à signer. Quantifier le nombre de paraphes qu’effectuent en un mois les chefs d’entreprises serait sûrement tout à fait surprenant.  Sans parler du temps passé pour les scanner, les envoyer et du fait de posséder le matériel nécessaire.

Partant de ce constat, en 2011, Signatys a créé une solution pour faciliter la signature électronique. Cette start-up genevoise, soutenue par la Fondetec, nous montre les opportunités qu’offre le digital à ceux qui se lancent le défi d’optimiser toujours plus les processus administratifs. Depuis 5 ans, Signatys propose une nouvelle façon de signer les documents nécessitant un fort niveau de confiance : « le caractère authentique d’une signature professionnelle avec la facilité du numérique ». Nous avons rencontré Olivier Adler cofondateur avec François Rochat de Signatys.

 

Pouvez-vous nous présenter votre société Signatys en quelques mots svp ?

Signatys est une entreprise suisse misant sur la qualité et la sécurité des relations numériques. Nous développons des solutions pour s’engager et signer en ligne en toute confiance. Nous renforçons cette confiance en utilisant les banques pour garantir l’identité des signataires.

Quelle a été l’impulsion décisive pour en venir à sa création ?

Le monde de l’entreprise et notamment de l’industrie bancaire se digitalise et dans toutes relations d’affaires la confiance est primordiale. Aujourd’hui les solutions existantes pour échanger et signer en ligne négligent la sécurité quant à l’identité des personnes et repose la plupart du temps sur l’email. Nous avons donc décidé de  développer Signatys pour amener un niveau de confiance dans les relations numériques, au moins aussi fort que si vous étiez dans un meeting face à face.

Quelles sont les trois principales façons dont Signatys est bénéfique dans les secteurs financiers et bancaires ?

– Signatys permet d’accélérer significativement la signature de contrat d’onboarding de nouveaux clients.

– Notre logiciel s’intègre également dans les eBanking existants et donc les banques peuvent mettre à disposition les documents sur le portail des clients et ces derniers peuvent les consulter et les signer par un simple clic. Plus besoin de courriers postaux ou de se déplacer à la banque.

– Les signatures entre départements et/ou collègues peuvent aussi être gérées par notre logiciel à travers des workflows préconfigurés, ainsi que les échanges de documents avec les administrations externes comme la FINMA.

Comment sont les lois en Suisse vis-à-vis de la signature numérique ?

La loi sur la signature électronique en Suisse est plutôt contraignante et demande justement un fort niveau d’identification pour obtenir une signature qualifiée équivalente à une manuscrite. Cependant en 2016, différentes nouvelles réglementations ont vu le jour ; que ce soit la circulaire de la FINMA autorisant l’identification par vidéo, mais aussi depuis juillet 2016, le nouveau règlement européen eIDAS permettant une harmonisation des certificats de signature et une compatibilité par delà les frontières. De bon augure pour s’agrandir et se développer plus facilement sur d’autres marchés.

Finalement, la loi suisse sur la signature électronique a également été révisée et entrera en vigueur dès le 1er janvier 2017.

Comment les entreprises suisses ont-elles accueilli vos services ?

Le plus difficile est le changement des processus en place qui prend beaucoup de temps dans les entreprises. Même si le mécanisme de signature traditionnelle engendre des coûts importants et emploi un temps considérable, il est encore beaucoup utilisé dans les sociétés suisses.  Je pense également qu’il y a une mauvaise compréhension de ce qu’est la signature électronique et elle se confronte donc à certaines réticences dans les entreprises. Nous ressentons toutefois depuis 12 mois que le marché est plus prêt et que dans leur stratégie de digitalisation, la signature numérique en fait clairement partie. Notre expertise et notre travail d’explication des différentes possibilités nous permettent également d’être mieux accueillis par les entreprises qui sont ensuite plus à même d’aller de l’avant avec notre solution.

Comment voyez-vous votre croissance dans les 5 prochaines années ? Est-ce que l’on peut imaginer une évolution de vos produits vers un usage pour les particuliers ?

Nous sommes actuellement en train de mettre en place une nouvelle plateforme globale d’échange de documents sur lesquels les identités des correspondants sont vérifiées avec un niveau équivalent à une identification faite par une banque. Cette plateforme inédite permettra un usage complet aussi bien pour les entreprises émettrices de contrats comme les assurances, les régies immobilières, l’industrie du négoce que pour les particuliers.

Nous voulons acquérir une position de leader en Suisse rapidement, puis nous ciblerons le marché européen dès le deuxième trimestre 2017. Notre but ultime est d’établir Signatys comme le standard d’échange et de signature électronique.

Créez-vous des synergies avec d’autres organisations de la FinTech en Suisse ? Si oui, lesquelles et pourquoi ?

Nous faisons actuellement partie des 8 startups sélectionnées parmi 300 pour l’accélérateur Fintech Fusion à Genève. C’est une manière pour nous de mieux comprendre les besoins du marché bancaire et de créer des synergies avec les autres startups choisies.

Chez Signatys, notre approche est de collaborer et créer des synergies avec les banques existantes et travailler ensemble pour des solutions adéquates aux marchés et à ses utilisateurs de plus en plus exigeants. Dans le cadre de notre nouvelle plateforme globale, nous avons pour but de mettre au point des partenariats clés avec les plus grandes banques de la place.

D’après vous, la Suisse est elle un terrain fertile pour la Fintech ? Quels sont ses défis ?

Par sa stabilité, son savoir faire en termes de qualité et de créativité et surtout par le fait que l’industrie bancaire y occupe une place importante, il ne fait aucun doute que la Suisse à tout pour être un terrain fertile pour la Fintech.  Cependant malgré ce fort potentiel et sa tradition bancaire, elle n’est actuellement pas le leader dans ce domaine loin derrière les Etats-Unis mais aussi derrière la plupart des grandes villes européennes en termes d’investissement. Les récentes votations en Angleterre (Brexit) peuvent toutefois amener la Suisse à être le centre pour les fintechs. Il faut pour cela relever les défis suivants : La Suisse doit devenir proactive, mettre en avant les fintechs et surtout obtenir la confiance des investisseurs. Elle doit finalement être soutenue par les politiques afin de pouvoir jouer un rôle clé au plan global.

 

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